1990 : Jean-Luc Godard, Alain Delon et le jardinier

En 1990, Jean Luc Godard vient présenter Nouvelle Vague, le film qu’il vient de tourner avec Alain Delon. D’entrée de jeu, face à la presse, le réalisateur d’A Bout de Souffle met les choses au point :

J’ai hésité à venir ici. En tant qu’auteur ou réalisateur je ne serais pas venu. Je suis là en tant que coproducteur, par solidarité avec les coproducteurs et les acteurs du film .

Une fois l’ambiance créée, un journaliste ose une question sur le sens du film. Jean-Luc Godard a cette réponse cinglante :

– Ce qui me frappe c’est que vous comptez sur moi pour définir. Je ne sais pas quel plaisir vous avez toujours à définir. Le jardinier le dit dans le film. Cette phrase n’est d’ailleurs pas de moi, elle est de Jacques Chardonne : « Tais toi, laisse un moment les choses sans nom ». A force de nommer les choses, à force de nommer le noir, l’arabe, le projecteur Philips, Jules, mon amour pour toi, mon compte en banque… Laissez un moment les choses sans nom; le cinéma est là, il peut-être muet, il peut-être parlant, mais ce dont il parle est quelque chose de muet qui est rendu à la vie par votre propre parole…

Une sortie du metteur en scène du Mépris qui laissa l’assistance sans voix…

Shohei Imamura : double Palme d’or en 1983 et 1997

Le cinéaste japonais Shohei  Imamura (1926-2006) fait partie du club très fermé des réalisateurs ayant reçu deux récompenses suprêmes au Festival de Cannes.

Ils ne sont que 8 : Francis Ford Coppola, Jean-Pierre et Luc Dardenne, Bille August, Emir Kusturica, Michael Haneke,  Ken Loach … et Shohei  Immamura.

Il a reçu une première palme d’or en 1983  pour « La Ballade De Narayama » , puis unse seconde pour L’Anguille en 1997 (ex-aequo avec Le Goût De La Cerise de l’Iranien Abbas Kiarostami).

Seul réalisateur japonais à avoir remporté deux fois la Palme d’Or, il était considéré comme le plus grand réalisateur nippon vivant depuis la disparition du légendaire Akira Kurosawa. Il était l’un des pionniers de la « Nouvelle vague » nippone née dans les années 1960, souvent associé à un autre rebelle, Nagisa Oshima.

 

 

Synopsis de La Ballade De Narayama

Orin, une vieille femme des montagnes du Shinshu, atteint l’âge fatidique de soixante-dix ans. Comme le veut la coutume, elle doit se rendre sur le sommet de Narayama pour être emportée par la mort. La sagesse de la vieille femme aura d’ici-là l’occasion de se manifester.

 

Synopsis de L’Anguille

Takuro Yamashita est mis en liberté provisoire sous la responsabilité d’un bonze après avoir passé huit ans en prison pour le meurtre de sa femme. Ayant appris le métier de coiffeur au cours de sa détention, il décide de s’installer dans une friche industrielle non loin de Tokyo. Il est renfermé, ne parlant guère qu’à l’anguille qu’il a apprivoisée pendant ses années d’incarcération. Cependant, le salon, qu’il retape de ses mains, lui permettra de renouer des liens avec un groupe de petites gens alentour.

7 films de Vincent Lindon sur Ciné+Emotion en mai

Il y a 2 ans , Vincent Lindon obtenait un superbe prix d’interprétation pour son rôle dans La Loi du marché  de Stéphane Brizé.
Cette année,  Rodin de Jacques Doillon, dans lequel il campe le célèbre sculpteur est très attendu à Cannes.

Ciné+Emotion   le met à l’honneur pendant tout le mois de mai en diffusant 7 de ses films,  dont 3 de Stéphane Brizé

 

Les 7 films

  • Mes amis, mes amours  (2007) de  Lorraine Levy : le 3 mai
  • Le Coût de la Vie (2002) de  Philippe Le Guay : le 10 mai
  • La Loi du marché (2015) de Stéphane Brizé : le 16 mai
  • Quelques heures de printemps (2012) de Stéphane Brizé : le 16 mai
  • Journal d’une femme de chambre (2015) de Benoît Jacquot : le 17 mai
  • Welcome (2009) de  Philippe Lioret  : le 24 mai
  • Mademoiselle Chambon (2009) de  Stéphane Brizé : le 30 mai
  • Et Pater (2011) d’ Alain Cavalier, sur Ciné + à la demande

 

Synopsis de Mes amis, mes amours  (2007) de  Lorraine Levy

Mathias et Antoine, pères divorcés ayant la garde de leur enfant, décident de faire toit commun dans le quartier français de Londres. La vie s’organise, désordonnée, joyeuse, avec les enfants, mais aussi Sophie, la jolie fleuriste secrètement amoureuse d’Antoine, Yvonne, la patronne fantasque du « bistrot français » qui couve son petit monde d’un regard maternel, et Mac Enzie, le chef d’agence d’Antoine, obstinément amoureux d’Yvonne en dépit de leur grande différence d’age… Entre Antoine, qui a appris à verrouiller ses émotions pour ne plus avoir à souffrir de personne, et Mathias, qui se laisse très vite submerger par les siennes, le quotidien n’est pas une sinécure.

 

Synopsis de Le Coût de la Vie (2002) de  Philippe Le Guay 

Une héritière qui n’arrive pas à hériter, un radin qui ne peut rien dépenser, un petit garçon qui trouve un billet dans la rue, un restaurateur prodigue qui ne fait que donner… Tels sont, entre autres, les personnages de ce film « choral ».
Pourquoi certains dépensent-ils de manière convulsive là où d’autres retiennent l’argent comme la partie la plus vitale de leur être ? On croit parler d’argent, mais c’est d’amour dont il s’agit.

 

Synopsis de La Loi du marché (2015) de Stéphane Brizé 

À 51 ans, après 20 mois de chômage, Thierry commence un nouveau travail qui le met bientôt face à un dilemme moral. Pour garder son emploi, peut-il tout accepter ?

 

Synopsis de Journal d’une femme de chambre (2015) de Benoît Jacquot 

Début du XXème siècle, en province. Très courtisée pour sa beauté, Célestine est une jeune femme de chambre nouvellement arrivée de Paris au service de la famille Lanlaire. Repoussant les avances de Monsieur, Célestine doit également faire face à la très stricte Madame Lanlaire qui régit la maison d’une main de fer. Elle y fait la rencontre de Joseph, l’énigmatique jardinier de la propriété, pour lequel elle éprouve une véritable fascination.

 

Synopsis de Mademoiselle Chambon (2009) de  Stéphane Brizé 

Jean est quelqu’un de bien : un bon maçon, un bon fils, un bon père et un bon mari. Et dans son quotidien sans heurt, entre famille et travail, il croise la route de Mademoiselle Chambon, l’institutrice de son fils. Il est un homme de peu de mots, elle vient d’un monde différent. Ils vont être dépassés par l’évidence des sentiments.

 

Synopsis de Pater (2011) d’Alain Cavalier

Pendant un an ils se sont vus et ils se sont filmés. Le cinéaste et le comédien, le président et son 1er ministre, Alain Cavalier et Vincent Lindon. Dans « Pater », vous les verrez à la fois dans la vie et dans une fiction qu’ils ont inventée ensemble.

 

Photo de Vincent Lindon (copyright CANAL+ /Maxime Bruno)

1959, François Truffaut fait faire « les 400 coups » à Jean-Pierre Léaud

Les 400 coups , le premier long-métrage de François Truffaut obtient le grand prix de la mise en scène au festival de Cannes 1959. Le film sera également un succès populaire , totalisant  450 000 entrées en 1959.

Ce film met en scène l’enfance difficile d’Antoine Doinel , un garçon de 13 ans interprété par Jean-Pierre Léaud, qui deviendra l’un des acteurs fétiches de Truffaut.  Antoine Doinel sèche les cours et tente d’échapper à une vie familiale morne et à des parents absents. Avec son ami René, il fait l’école buissonnière, vivant de débrouille et partageant ses journées entre errances dans le Paris des années 50, chapardages, lectures de Balzac à la bougie et séances de cinéma. Antoine et René, deux gamins lâchés dans Paris découvrent la vie en faisant… les 400 coups.

Dans un long article, paru dans le numero 92 des Cahiers du Cinéma en février 1959, lors du tournage du film,  Jean-Luc Godard rend hommage à Truffaut par ces mots  :

« Avec Les 400 coups, François Truffaut entre dans le cinéma moderne comme dans le collège de nos enfances. Enfants humiliés de Bernanos. Enfants au pouvoir de Vitrac. Enfants terribles de Melville-Cocteau. Et enfants de Vigo, enfants de Rossellini, bref enfants de Truffaut, expression qui passera à la sortie du film dans le langage public. On dira bientôt les enfants de Truffaut comme on dit les lanciers du Bengale, les empêcheurs de danser en rond, les rois de la mafia, les fous du volant, bref encore, les drogués du cinéma.

Dans Les 400 coups la caméra du metteur en scène des Mistons sera de nouveau, non pas à la hauteur d’homme comme chez le père Hawks, mais à hauteur d’enfant. Et si on sous-entend arrogance, quand on dit hauteur à propos des plus de trente ans, on sous-entend beaucoup mieux, quand on dit hauteur à propos des moins de seize ans: on sous-entend orgueil, bref toujours, les 400 coups sera le film le plus orgueilleux, le plus têtu, le plus obstiné, et en fin de compte, le film le plus libre du monde. Moralement parlant. Esthétiquement aussi. Les objectifs dyaloscopiques réglés par Henri Decae nous en ficheront plein la vue, comme ceux de La Ronde de l’aube. Le découpage sera vif et aéré, comme celui des Passions juvéniles. Le dialogue et les gestes mordants, comme dans Baby Face Nelson. Le montage délicat comme celui de La Déesse. La précocité montrera le bout de l’oreille comme dans Le Gaucher.

Ces titres ne s’échelonnent pas au hasard sous les touches de ma Japy électrique. Ce sont ceux qui font partie de la liste des dix meilleurs films de l’année 1958 selon François Truffaut. Charmante et belle famille à laquelle Les 400 coups s’intégrera parfaitement.

Pour nous résumer que dire ? Ceci: Les 400 coups sera un film signé Franchise. Rapidité. Art. Nouveauté. Cinématographe. Originalité. Impertinence. Sérieux. Tragique. Rafraîchissement. Ubu-Roi. Fantastique.Férocité.Amitié.Universalité.Tendresse.»

Président du jury en 1953, 1954, 1957 : « il ne faudrait pas croire que Cocteau est le pluriel de cocktail »

Président du jury en 1953, 1954, 1957, Jean Cocteau laisse un souvenir inaltérable. Grâce à lui, le Festival qui n’était qu’une compétition entre films devient une fête. Pourtant le metteur en scène de la Belle et La Bête aura aussi cette formule, lors d’un Festival particulièrement chargé en mondanités et en réceptions : il ne faudrait pas croire que Cocteau est le pluriel de cocktail. C’est Cocteau encore qui soutient la nouvelle vague du cinéma français, applaudissant en 1959, le triomphe de François Truffaut avec Les 400 Coups.

“ Alors Cocteau vint, raconte Maurice Bessy dans les Passagers du Souvenir, et le Festival changea d’âme. Président du jury puis président de la fête, Cocteau mit le feu aux étoiles, celles du palais et du ciel. Soudain tout s’éclaira. Le Festival n’était plus seulement sur l’écran, dans le sillage des vedettes, dans les réceptions. Il était partout, sur le visage de chacun, dans le regard étonné des nouveaux venus, dans la tristesse de ceux qui partaient. Il marqua le Festival d’un frémissement, d’une fièvre. Grâce à Cocteau, le Festival traversa le miroir. ”

En 1998, Roberto Benigni remercie Martin Scorsese, le président du jury

En 1998, Roberto Benigni reçoit le Prix du Jury pour La vie est belle. Transporté d’émotion, le réalisateur court sur scène, embrasse   Isabelle Huppert et tous les membres du jury, et s’agenouille devant Martin Scorsese, le président du jury.

Le public est aux anges. Difficile de résister à la bonne humeur de Roberto Begnigni. « Je n’ai pas les mots pour vous donner tout mon amour », déclare-t-il sous les avant d’éclater de rire.

Faire rire sur un sujet aussi terrible que les camps d’extermination : Roberto Benigni  a osé . cela se traduit par une séquence mémorable, d’une efficacité comique ébouriffante, où passe l’ombre de Chaplin et le souvenir du Dictateur.

les années quatre-vingt : un palais chasse l’autre

1981 marque le triomphe d’Isabelle Adjani (Possession d’Andrezj Zulawski et Quartet de James Ivory). Nathalie Baye et Johnny Halliday jouent au Détective (1984) sous l’oeil amusé de Jean-Luc Godard, Coluche descend au fond de la piscine pour donner une interview exclusive à Michel Denisot.

José Artur a toutes les peines du monde à convaincre Orson Welles, Robert Bresson et Andréi Tarkovski de venir ensemble sur scène (1983). Cette année-là beaucoup de festivaliers ont le blues, car il leur faut abandonner l’ancien palais des festivals pour le nouveau bâtiment que des méchantes langues ont déjà baptisé « Bunker ».

En 1985, un jeune cinéaste yougoslave commence déjà à faire parler de lui : Emir Kusturica obtient sa première palme d’Or avec Papa est en voyages d’affaires. Il récidivera dix ans après avec Underground.

En 1986, Roman Polanski se fait remarquer, il a délaissé l’avion pour venir à Cannes en bateau : le galion de son film Pirates est la vedette du festival. Si le bateau fait sensation sur la Croisette, le metteur en scène, est lui beaucoup moins enthousiaste : “ On m’a réveillé, se souvient Roman Polanski,  en me disant : Regarde à la fenêtre, il y a le galion qui arrive. Pour moi, c’était un cauchemar qui apparaissait, car j’ai souffert pendant une année sur ce tournage. Ce n’était qu’un décor flottant que je n’avais plus envie de revoir ”.

L’année suivante, Yves Montand, brise un tabou. Pour la première un président du jury, en se confiant quotidiennement à un journaliste, dévoile au le secret des délibérations. La palme d’Or qu’il décerne au Film de Maurice Pialat, Sous le Soleil de Satan, déclenche une pluie de sifflets : le lauréat répond en levant victorieusement le poing.

1984 : « Boy Meets Girl » de Leos Carax

En 1984, à l’âge de 23 ans,   Leos Carax réalise son premier long métrage en noir et blanc « Boy Meets Girl »   avec Mireille Perrier et Denis Lavant.

Ce film remporte le prix de la jeunesse  au Festival de Cannes et  enthousiasme   la critique.  Serge Daney écrit dans Libération : « Un frêle fantôme hante tout le festival, celui du premier film du jeune cinéaste (peut-être) génial. La «révélation», comme on dit dans la presse, l’«espoir», l’assurance que le cinéma continue, produit ses Rimbaud et ses «poètes de sept ans» contre vents et marées, qu’il repart à zéro, qu’il ne meurt pas… Hier, nous avons vu Boy meets girl, premier long métrage de Léos Carax. C’est un vrai premier film et c’est (parions sur lui) un vrai auteur. »

Deux ans plus tard sort Mauvais sang et Leos Carax confirme son statut de nouveau petit génie du cinéma français. Mauvais sang, c’est Boy Meets Girl en couleurs, avec plus de moyens,   une star montante (Juliette Binoche) et toujours Denis Lavant, double du cinéaste.

La suite sera plus douloureuse et comme le résume Serge Kaganski dans les Inrocks : « Carax  fut l’enfant prodige du cinéma des années 80, le fils maudit des années 90, le cinéaste oublié des années 2000 », avant de resurgir en 2012 …

Et Serge Kaganski de saluer son  retour avec « Holy Motors » : « La première séquence d’Holy Motors raconte l’histoire de Leos Carax ces dernières années : il semble se réveiller d’un long sommeil, accomplir ses premiers pas en somnambule, prêt à revenir en son royaume, une salle de cinéma. Re-bienvenue Leos ! Tel un héros de la mythologie, vous vous êtes arraché aux légendes figées des années 80, vous avez vaincu la malédiction de l’échec, des projets avortés, de l’oubli, vous avez fait fondre la cire du musée en signant un film d’aujourd’hui à la hauteur de vos films passés et de votre légende. Vous avez su rallumer le moteur et repasser à l’action, donnant une leçon de cinéma en majesté et modestie. C’est la meilleure nouvelle de l’année ».

 

Principaux films de Leos Carax

« Boy Meets Girl » (1984)

«Mauvais Sang» (1985)

«les Amants du Pont- neuf» (1988)

«Pola X» (1999)

« Holy Motors » (2012)

 

Les yeux bleus de Paul Newman

1958. Après un voyage éreintant, Paul Newman  qui vient juste d’atterrir à Nice, croise quelques photographes. Il leur fait signe de la main qu’il ne souhaite pas être photographié, parce qu’il est trop fatigué et que ses yeux bleus ne le supporteraient pas. Vite, il file dans sa chambre. Le soir, le voilà, frais et dispos, en smoking pour présenter « Les feux de l’été», le  film de Martin Ritt.

Il pose, sourit, attend les flashes. Mais rien. Les photographes ont déposé leurs appareils. Paul Newman se demande comment il va rétablir la situation à son avantage. Après la projection, armé de tout son charme, il rassemble les journalistes : «  j’ai fait un cauchemar. J’avais les yeux marrons et plus personne ne m’adressait la parole. En me réveillant j’ai cavalé vers un miroir de la salle de bain. J’avais toujours les yeux bleus. La vie était belle. »

C’est par cette pirouette que Paul Newman réussira à se réconcilier avec le pool des photographes et ravir le lendemain la Une des  quotidiens. Il obtient cette année-là  le  prix d’interprétation Masculine.

Paul Newman s’est éteint en 2008  à l’âge de 83 ans. Dans les années 1950, alors qu’il étudiait à l’Actor’s studio avec James Dean et Marlon Brando, Paul Newman avait rédigé son épitaphe: « Ci-gît Paul Newman. Sa carrière d’acteur prit fin lorsque ses yeux bleus devinrent bruns ».

Pour sa 66e édition, en 2013, le Festival de Cannes a rendu  hommage à Paul Newman  et son épouse Joanne Woodward   en mettant en scène les deux acteurs sur l’affiche officielle ; photo provenant  de La Fille à la Casquette (A New Kind of Love), de Melville Shavelson.

 

Paul Newman a joué dans 57 films, dont voici les principaux.

1954 : «Le calice d’argent» de Victore Saville.
1956 : «Marqué par la haine» de Robert Wise.
1958 : «Le gaucher» d’Arthur Penn. «La chatte sur un toit brûlant», de Richard Brooks.
1960 : «Exodus» d’Otto Preminger.
1966 : «Le rideau déchiré» d’Alfred Hitchcock.
1969 : «Butch Cassidy et le Kid» de Georgre Roy Hill.
1972 : «Le piège» de John Huston.
1973 : «L’arnaque» de George Roy Hill.
1979 : «Quintet» de Robert Altman.
1981 : «L’affrontement» de Sidney Pollack.
1986 : «La couleur de l’argent» de Martin Scorcese.
1990 : «Mr &Mrs Bridge» de James Ivory.
2002 : «Les sentiers de la perdition» de Sam Menes.
2006 : «Cars» de John Lasseter.