La presse très divisée sur le palmarès de la 70ème édition

Qu’elle soit positive ou critique , la presse s’accorde pour dire que le jury du 70e Festival de Cannes a créé la « surprise générale », après que la Palme d’Or ait été décernée au film « The Square » du Suédois Ruben Östlund

Télérama regrette un manque d’audace : « Avec ce palmarès, et notamment en donnant la Palme d’or à “The Square” de Ruben Östlund, le jury de Pedro Almodovar a fait dans la facilité… Dommage, il aurait pu couronner “120 battements par minute” de Robin Campillo ou “Une femme douce”, de Sergueï Loznitsa »

Libération  trouve que “The Square”  fait « palme figure » : « Très longuement ovationné par le public lors de la cérémonie dimanche, «120 battements par minute» doit se contenter du grand prix du jury, la palme revenant à la farce lourdingue de Ruben Östlund. Jusqu’au bout, la 70e édition est restée décevante ».

les Inrockuptibles ont un avis plus mitigé, même s’ils trouvent le palmarès « Mi-chèvre, mi-chou » : « la Palme d’Ostlund n’est pas scandaleuse, même si on aurait préféré «120 battements par minute», film moins séducteur en surface mais autrement plus profond et engagé ».

Le site 20 minutes remarque que tous les favoris sont présents dans le palmarès, « mais pas là où on les attendait ». « Le jury de Pedro Almodóvar a visiblement préféré une vision stylisée, humoristique et grinçante du monde », regrette le site d’informations. « C’est à croire qu’on n’a peut-être pas vu les mêmes films que le jury… »

Pour Le Monde, c’est le palmarès tout entier qui est impressionnant. C’est « aussi une œuvre d’art, qui a extrait d’une sélection loin des sommets de l’année précédente une image passionnante, mais peut-être un peu inquiétante, d’une des versions du cinéma contemporain . A cet égard, la Palme d’or est exemplaire : The Square, de Ruben Östlund, parcourt méthodiquement, en près de deux heures et demie, l’arborescence des éventualités qui peuvent mener un homme dominateur et séduisant à sa chute ».

Le Soir, trouve que  le palmarès est «  cohérent », et qu’il  « reflète » la volonté d’Almodovar « de mettre en évidence le sang neuf du cinéma mondial. De sortir du pré carré des habitués ! », rappelant que le jury de l’édition 2016 avait été fortement critiqué pour ses choix « prévisibles ».

Le Figaro, qui était prêt à critiquer les choix du jury, a au contraire félicité le président, Almodovar, pour ne pas « avoir agi comme on l’attendait ». « Tout arrive, écrit le quotidien. Voici un vrai film de droite, dans le bon sens du terme, d’un profond pessimisme, d’une drôlerie ravageuse, qui regarde l’homme comme il est, où l’éthique et l’esthétique semblent dictées par un tempérament. Il faut rire de l’art contemporain, ridiculiser le snobisme intellectuel. Quel salubre courant d’air ! »

La presse étrangère, elle aussi se divise : Pour Todd McCarthy, du Hollywood Reporter, « «The Square» a mérité sa récompense» », tandis que pour Peter Bradshaw du Guardian, c’est « un choix honorable, mais il est décevant que le jury n’ait pas soutenu le formidable «Faute d’amour» », du Russe Andreï Zviaguintsev.

Au final , un palmarès qui fait débat, et qui montre qu’une fois encore, à Cannes, chacun cherche son cinéma.

La sélection « Un certain regard au Reflet Médicis à Paris

Un Certain Regard compose avec la Compétition le coeur de la Sélection officielle et met l’accent sur des oeuvres singulières, originales dans leur propos et leur esthétique. Comme chaque année, le Reflet Médicis offre au public l’opportunité de (re)découvrir cette sélection présentée à Cannes.

Accès gratuit sur présentation du badge Festivalier, du 31 mai au 6 juin 2017.

Cinéma Reflet Médicis : 5 rue Champollion. 75006 Paris

Photo du film « Barbara » de Mathieu Amalric avec Jeanne Balibar. Ce film a fait l’ouverture de la sélection « Un certain regard ».

Rendez-vous en mai 2018 #cannes2018

Le jury du 70ième Festival de Cannes a rendu son verdict, et comme souvent il divise que ce soit en France ou à l’étranger.

En attribuant la Palme d’Or à la grinçante comédie suédoise « The square » de Ruben Östlund, le Jury présidé par Almodovar  a créé la surprise mais semble bien dans le ton des long-métrages où la noirceur est à l’ordre du jour.

Un grand-père demandant à sa petite-fille de l’aider à mourir dans le bien nommé « Happy end » de  Michael Haneke, des enfants sacrifiés au nom de la loi du talion dans « Mise à mort du cerf sacré » de Yórgos Lánthimos, abusés sexuellement dans « You were never really here » de Lynne Ramsay ou tout simplement délaissés par des parents pressés de refaire leur vie dans « Faute d’amour » du russe Andrey Zvyagintsev, les raisons de désespérer sont nombreuses.

Maltraités, les enfants sont malgré tout porteurs d’espoir avec une détermination qui n’a rien à envier à leurs aînés avec « Okja » du coréen Bong Joon-ho, et « Wonderstruck » de Todd Haynes. Et si l’individu n’est pas montré sous son meilleur jour, le collectif est à l’honneur dans « 120 battements par minute » du français Romain Campillo, fresque sur les années sida et le combat de l’association Act Up (Grand prix de cette édition), et qui a provoqué de très fortes émotions chez nombre de cinéphiles. «Bouleversant», «dévasté», «choc»… L’émotion est palpable sur Twitter.

Le pépites étaient aussi dans les sections parallèles avec « Jeannette » de Bruno Dumont à la Quinzaine et « Jeune femme » de Léonor Serraille dans la sélection « Un certain regard ».

Le Festival a connu deux moments particulièrement forts : l’hommage aux victimes de l’attentat de Manchester, survenu pendant le Festival, et la cérémonie d’anniversaire des 70 ans en présence de la presque totalité des palmés encore vivants depuis que le Festival existe. 

Cette photo souvenir est déjà collector !

 

Votre site www.cannes70.com poursuit sa mission d’amoureux du cinéma et vous présentera toute l’actualité de Cannes à venir avec la sortie de ses films et toute actualité du grand écran toute l’année.

 

Le Palmarès du 70ème Festival de Cannes

Présidé par le réalisateur espagnol Pedro Almodovar, le Jury du 70ième Festival de Cannes qui comprend la réalisatrice allemande Maren Ade, l’actrice américaine Jessica Chastain, l’actrice chinoise Fan Bingbing, l’actrice française Agnès Jaoui, le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook, l’acteur américain Will Smith, le réalisateur italien Paolo Sorrentino et le compositeur français Gabriel Yared a décerné son  palmarès.

Caméra d’Or : « Jeune femme » de Léonore Séraille, avec Laetitia Dosch.

Palme d’or des courts-métrages : Xiao Cheng Er Yue (Une nuit douce) de Qiu Yang
Prix du scénario double :
« The killing of a sacred deer » (La mise à mort du cerf sacré) de Yorgos Lanthimos
« You were never really here » de Lynne Ramsay avec Joachim Phoenix
Prix du Jury
« Loveless » (Nelyubov) de Andrey Zvyagintsev
Prix d’interprétation féminine
Diane Krüger dans Aus dem Nichts (Into the fade)
Prix d’interprétation masculine :
Joaquin Phoenix pour « You were never really here » de Lynne Ramsay.
Prix de la Mise en scène
Sofia Coppola  pour « The Beguiled » (Les Proies)
Grand Prix du Jury:
« 120 battements par minute » de Robin Campillo
Prix spécial 70° anniversaire
Nicole Kidman
Palme d’Or
« The Square » de Rebel Östlung

 

Le palmarès de la sélection « Un certain Regard »

18 films venus de 22 pays différents pour cette sélection « Un certain regard 2017 ».

Six d’entre eux étaient des premiers films. Le film d’ouverture était Barbara  de Mathieu Amalric.

Présidé par Uma Thurman (actrice – Etats-Unis), le Jury était composé de Mohamed Diab (réalisateur – Egypte), Reda Kateb (acteur – France), Joachim Lafosse (réalisateur – Belgique), et Karel Och (Directeur artistique du Festival International de Karlovy Vary – République Tchèque).

Le palmarès est le suivant :

PRIX UN CERTAIN REGARD :
« LERD » (UN HOMME INTÈGRE – A MAN OF INTEGRITY)
de Mohammad Rasoulof

PRIX D’INTERPRÉTATION FÉMININE
« JASMINE TRINCA » pour FORTUNATA de Sergio Castellitto

PRIX DE LA POÉSIE DU CINÉMA
« BARBARA » de Mathieu Amalric

PRIX DE LA MISE EN SCÈNE
Taylor Sheridan pour « WIND RIVER »

PRIX DU JURY
« LAS HIJAS DE ABRIL » (APRIL’S DAUGHTER) de Michel Franco

 

Photo: FDC

Les premiers palmarès du Festival : la Cinéfondation. 

Le Jury de la Cinéfondation et des courts métrages présidé par Cristian Mungiu et composé de Clotilde Hesme, Athina Rachel Tsangari, Barry Jenkins et Eric Khoo, a décerné les prix de la Cinéfondation lors d’une cérémonie salle Buñuel, suivie de la projection des films primés.
La Sélection comprenait 16 films d’étudiants en cinéma choisis parmi 2 600 candidats en provenance de 626 écoles de cinéma dans le monde.

Premier Prix

PAUL EST LÀ, réalisé par Valentina MAUREL

INSAS, Belgique
Deuxième Prix

HEYVAN (AniMal), réalisé par Bahram & Bahman ARK

Iranian National School of Cinema, Iran

 

Troisième Prix

DEUX ÉGARÉS SONT MORTS, réalisé par Tommaso USBERTI

La Fémis, France

 Source: FDC

Ovation pour David Lynch et « Twin Peaks »

Le 70e Festival de Cannes c’est du cinéma mais aussi des séries. Ce jeudi,  deux épisodes de la troisième saison de « Twin Peaks » de David Lynch (Palme d’or pour « Sailor et Lula » en 1990)  ont été projetés au  Grand Théâtre Lumière dans un format de deux heures.

David Lynch n’avait pas réalisé de film depuis Inland Empire, en 2006. Il est revenu derrière la caméra pour cette saison 3 de la série Twin Peaks

Ce qui frappe c’est de découvrir les lieux et les acteurs un quart de siècle plus tard. Et de constater que David Lynch et Mark Frost leur font des infidélités. Ils  les laissent  au second plan et mettent  en avant de nouvelles villes et de nouveaux personnages dans ces deux épisodes qui servent de prologue à la nouvelle saison .

A la fin de la projection des deux premiers épisodes de  cette série culte, le public du Grand Théâtre Lumière a offert une longue ovation  de plusieurs minutes au cinéaste américain, manifestement ému aux côtés de son acteur fétiche, Kyle MacLachlan, alias l’agent Dale Cooper et de  toute l’équipe.

« Jeune femme » de Léonor Serraille : Un des coups de cœur du Festival

Avec « Jeune femme »,  son premier long-métrage, Léonor Serraille, 31 ans,  a enthousiasmé le public cannois en sélection officielle dans la prestigieuse section Un certain regard.

L’histoire est celle de Paula, paumée, perturbée, malheureuse, dont le cœur est brisé et qui ne sait pas quoi faire pour s’en sortir, remonter la pente, se libérer du couple dans lequel elle s’est enfermée depuis une décennie .

Cette jeune femme de presque 30 ans, sans travail,  de retour à Paris, va pourtant réussir, au prix d’une sacrée force de courage, affronter ce qu’elle redoute le plus : la solitude. Elle veut prendre un nouveau départ. Avec panache.

« Jeune femme » a reçu un accueil enthousiaste  de la part des cinéphiles cannois. «Il souffle sur (ce film) une vitesse, un esprit, une fantaisie, une liberté comme on en avait rarement vu depuis les premiers films de la Nouvelle Vague», écrit Éric Neuhoff pour Le Figaro.

Pour Le Monde, «le film reflète avec une certaine justesse la précarité dans laquelle se débat la jeunesse française d’aujourd’hui». Surtout, l’œuvre «semble avoir été taillée sur mesure pour son actrice Laetitia Dosch, diva du désordre».

« Jeune femme » est un des coups de cœur de cette 70e édition du Festival de Cannes.

Les sections de Cannes dont on parle moins : la Fabrique Cinéma 

La Fabrique Cinéma (anciennement La Fabrique des Cinémas du Monde), organisé par l’Institut français, opérateur culturel du ministère des Affaires étrangères français présente dix sélections de projets de 1er ou 2nd film au Festival de Cannes pour favoriser l’émergence de la jeune création des pays du sud sur le marché international. 

La sélection 2017 :

The Sovereign, de Wim Steytler et produit par Cait Pansegrouw (Urucu Media) – 1er long métrage (Afrique du Sud) ;

Amanda and caio, de Daniel Ribeiro (photo) et produit par Diana Almeida (Lacuna Filmes) – 2e long métrage (Brésil) ;

Shock labor, de Marcos Diaz Sosa et produit par Maria Carla Del Rio (Marinca Filmes) – 1er long métrage (Cuba) ;

The Bridge, de Hala Lotfy et produit par Mohamed Samir (Day Dream Art Production) – 2e long métrage (Egypte) ;

Hawa Hawaii, de Amirah Tajdin et produit par Wafa Tajdin (Seven Thirty Films)- 1er long métrage (Kenya) ;

The Maiden’s Pond, de Bassem Breche et produit par Jana Wehbe (The Attic) – 1er long métrage (Liban) ;

A Love Of Boluomi, de Kek-Huat Lau et produit par Stefano Centini (Hummingbird Studio) – 1er long métrage (Malaisie) ;

Renaissance, de Andrey Diarra et produit par Awa Traoré (DS Production) – 2e long métrage (Mali) ;

One Summer Day, de Zay Yar Aung (We Ra) et produit par Aiess Alonso (Green Age Film) – 1er long métrage (Myanmar) ;

Nuna: The Last Myth Of The Wamani, de Jimy Carhuas Tintaya et produit par Diego Lòpez Mobilia (Origami Studio) – 1er long métrage (Pérou).

Témoignage : 

Venu de Bamako, pour la première fois à Cannes et sélectionné par la Fabrique Cinéma, le jeune cinéaste malien de 33 ans Andrey Diarra, prépare un long métrage sur le patrimoine en péril des manuscrits des peuples subsahariens qui s’appelle « Renaissance ». »Je viens chercher à Cannes l’expérience des maîtres de cinéma. C’est une grande opportunité pour un jeune cinéaste, d’autant plus pour se confronter à d’autres visions créatives quand on vient d’un pays isolé », confie-t-il. « Pour les jeunes cinéastes du monde entier, Cannes représente la « Mecque du cinéma », ce lieu dont on rêve tous pour partager une passion artistique commune ». (Source Le Point).

Plus d’infos :

https://www.lescinemasdumonde.com/fr/les-programmes/la-fabrique

Les films de Cannes déjà sortis sur les écrans

Certains films projetés à Cannes sortent en salle en France en même temps voire avant le Festival.

C’est le cas de ces trois films :

« Rodin », de Jacques Doillon, en compétition, avec Vincent Lindon, Izïa Higelin, et Séverine Caneele.

À Paris, en 1880, Auguste Rodin reçoit enfin à 40 ans sa première commande de l’Etat : ce sera La Porte de L’Enfer composée de figurines dont certaines feront sa gloire comme le Baiser et le Penseur. Il partage sa vie avec Rose, sa compagne de toujours, lorsqu’il rencontre la jeune Camille Claudel, son élève la plus douée qui devient vite son assistante, puis sa maîtresse. Dix ans de passion, mais également dix ans d’admiration commune et de complicité. Après leur rupture, Rodin poursuit son travail avec acharnement. Il fait face et au refus et à l’enthousiasme que la sensualité de sa sculpture provoque et signe avec son Balzac, rejeté de son vivant, le point de départ incontesté de la sculpture moderne.
À 60 ans, enfin reconnu, il devient le sculpteur le plus célèbre avec Michel-Ange.

 

« L’amant double » de François Ozon, en compétition, avec Marine Vacth, Jérémie Renier et Jacqueline Bisset.

Chloé, une jeune femme fragile, tombe amoureuse de son psychothérapeute, Paul. Quelques mois plus tard, ils s’installent ensemble, mais elle découvre que son amant lui a caché une partie de son identité.

 

Présenté en film d’ouverture, « Les fantômes d’Ismaël » de Arnaud Desplechin avec Marion Cotillard, Charlotte Gainsbourg, Mathieu Amalric et Louis Garrel.

À la veille du tournage de son nouveau film, la vie d’un cinéaste est chamboulée par la réapparition d’un amour disparu…