1967 : Brigitte Bardot provoque l’une des plus grandes cohues du Festival

Le 12 mai 1967, Brigitte Bardot fait son grand retour sur la Croisette après plusieurs années d’absence . Elle est accompagnée de Gunther Sachs, son second mari.

Son entrée au Palais des festivals pour la cérémonie de clôture, où elle doit rendre un hommage à Michel Simon, provoque une bousculade  monstre (cette cohue est restée dans les annales comme l’un des grands moments du Festival).

Journalistes et photographes s’empoignent pour essayer d’apercevoir BB. Les  gendarmes tentent tant bien que mal de dégager le chemin.

Brigitte Bardot jure qu’elle ne reviendra plus à Cannes. Elle tiendra parole.

 

En 1989, Steven Soderbergh sort définitivement de l’ombre

En 1989, quand il débarque à Cannes avec son premier long métrage, Steven Soderbergh, âgé de 26 ans, est un parfait inconnu.Certes, il a triomphé, quelques mois plus tôt, à Sundance mais le Festival cher à Robert Redford n’a pas, à cette époque, la notoriété  qui est la sienne aujourd’hui.

« Sexe, mensonges et vidéos » a été écrit selon la légende en moins de deux semaines.

L’histoire : Graham Dalton collectionne les interviews video de femmes qui racontent sans ambages leur vie sexuelle. De retour dans sa ville natale il retrouve John et Ann Melaney , un ancien copain de fac qui a « réussi » et sa femme. Au départ, Ann se sent irritée par cet homme au charme évident et à la franchise inhabituelle. Cette rencontre va avoir pour tous des conséquences surprenantes.

En 1989, à Cannes,  Steven Soderbergh a face à lui : Le temps des gitans, Trop belle pour toi, Do the Right Thing. ou Cinema Paradiso. A  la surprise générale le jury de Wenders lui décerne la Palme d’or et James Spader, le personnage principal du film, obtient le prix d’interprétation.

Entouré de Bo Derek  et de Jane Fonda qui lui remettent la palme d’or,  Steven Soderbergh sort définitivement de l’ombre.

Ava de Léa Mysius, sur les écrans

Présenté à Cannes dans le cadre de la sélection de la Semaine de la Critique, ce premier film de la française Léa Mysius, par ailleurs scénariste vient de sortir sur les écrans français..
Film sur la lumière et progressivement sur son absence, il mérite qu’on s’y attarde car il illustre de manière très originale et pertinente les conflits de l’adolescence, la révolte et l’éveil de la sexualité.

Film sur l’apprentissage, truffé de « signes et symboles », comme le chien noir, l’obscurité, les vagues de l’océan ou les contrejour violents, il est une ode à la liberté et à la transgression particulièrement bien maitrisé porté par une jeune actrice solaire, Noée Abita, qu’il faudra suivre.

On y retrouve le souffle de certains films des années 70, comme celui de la « Balade sauvage » de Terrence Malick ou « Bonny and Clyde » en version soft.

Un premier film original, audacieux et prometteur. A savourer sans retenue.

Bande-annonce

« Okja » finalement projeté en salle (un peu)

‪Le film coréen « Okja » de Bong Joon-ho, en compétition à Cannes, sortira finalement dans quelques salles en France en même temps que sur Netflix.

C’est une première, suite à la polémique lors du Festival de Cannes car le film produit par Netflix et en compétition n’avait pas vocation à sortir en salle.

Les séances auront lieu en France mercredi 28 juin à Montreuil et Nantes et le 6 juillet à Bordeaux.

Ces initiatives sont proposées par le Festival SoFilm.

http://www.sofilm-festival.fr

En 1997, Matthieu Kassovitz a « la haine »

En 1997, Matthieu Kassovitz, 30 ans, encore auréolé du succès de « La Haine » (1995), revient  à Cannes  avec un film violent et sans concession « Assassin(s) ».

Le pitch : Tueur de son état depuis quarante ans, M. Wagner (Michel Serrault)  aime le travail bien fait et pratique son métier avec amour et une éthique ambigüe mais réelle, et selon lui nécessaire. Lorsqu’il rencontre Max(Matthieu Kassovitz) , jeune homme sans emploi, il pense avoir trouvé son successeur. Il va s’appliquer à lui enseigner son savoir-faire et son sens de l’éthique. Mais les temps ont changé.

La projection officielle se passe très mal. Le film est sifflé par les spectateurs et une forme d’hystérie collective s’empare de la critique  qui n’hésitera pas à qualifier l’œuvre de « pire film de l’histoire du cinéma français ».  Le jeune cinéaste se venge avec un doigt d’honneur à l’intention de la presse et des photographes.

1978 – Isabelle Huppert : « Je suis restée un long moment sans voix… Puis, j’ai appelé mes parents »

Vingt-cinq films présentés à Cannes, deux Prix d’interprétation (pour « Violette Nozière » (1978) et « La Pianiste » (2001)), présidente du jury en 2009, à  l’affiche l’an dernier de « Elle » de Paul Verhoeven (qui l’avait ménée  de Cannes aux Oscars), Isabelle Huppert  était cette année à l’affiche de  “Happy End” de Michael Haneke avec Jean-Louis Trintignant,   et Mathieu Kassovitz …

Elle se souvient avec émotion de son premier prix d’interprétation, en 1978 : « Toutes ces années ( à Cannes) ont été marquantes, mais les deux plus importantes pour moi, les plus intenses, resteront évidemment celles où j’ai reçu un Prix d’interprétation. Je me souviens très bien du matin, où Gilles Jacob m’a annoncé au téléphone que j’allais être récompensée pour Violette Nozière. Je suis restée un long moment sans voix, sous le coup de l’émotion. Puis, j’ai appelé mes parents pour qu’ils viennent me rejoindre. Le soir, alors que je me rendais au Palais pour la cérémonie de clôture accompagnée de Daniel Toscan du Plantier et de Claude Chabrol, j’ai failli me faire refouler à l’entrée car je n’avais pas mon carton d’invitation. Il faut dire que, dans mon petit costume, je ressemblais à tout sauf à l’idée qu’on pouvait se faire d’une actrice ! »

 

Source : Paris Match

Expo photo parisienne sur le Festival de Cannes

Préalablement montrée à Cannes à l’occasion du 70ieme anniversaire du Festival, l’exposition 24 images 24 images, issue du fonds photographique de l’INA a emménagé à Paris à la Galerie Cinéma Anne-Dominique Toussaint (26 rue Saint-Claude, Paris 75003). Cette exposition événement, ouverte depuis le 2 juin, sera présentée jusqu’au 12 juillet.

1976, Taxi Driver de Martin Scorsese obtient la Palme d’Or

1976, Taxi Driver de Martin Scorsese obtient la Palme d’Or. Pourtant, le président du jury Tennessee Williams n’aimait pas particulièrement le film et ne voulait pas lui donner la palme. A l’inverse, Sergio Leone et Costa-Gavras, membres du jury cette année-là,  se sont battus pour convaincre les autres membres du jury.

Taxi Driver, c’est l’histoire de Travis Bickle (Robert De Niro) , un Vétéran de la Guerre du Vietnam, qui est chauffeur de taxi dans la ville de New York. Ses rencontres nocturnes et la violence quotidienne dont il est témoin lui font peu à peu perdre la tête. Il se charge bientôt de délivrer une prostituée mineure de ses souteneurs.

La scène mythique du miroir où l’acteur parle à son reflet en disant : « Are you talkin’ to me ? » est une improvisation de Robert de Niro. Selon certains, l’acteur se serait inspiré d’une réplique entendue dans la bouche d’un acteur qui faisait la manche dans le métro . Pour d’autres de Niro avait vu Bruce Springsteen en concert juste avant le tournage . Ce dernier avait l’habitude de s’adresser ainsi à son public . Une chose est sûre, dans le script original, il est simplement écrit « Travis se regarde dans le miroir ».

Martin Scorsese n’était pas à Cannes le jour où Taxi Driver a gagné la Palme d’Or. Il était reparti travailler  sur New York, New York. Selon le producteur Michael Phillips, à l’annonce du palmarès, « la moitié de la salle nous applaudissait et l’autre moitié huait ».

 

Source : Première

Le meilleur souvenir de Pedro Almodovar : le prix d’interprétation féminine collectif pour « Volver »

Lorsqu’on demande à Pedro Almodovar (qui était cette année le président du Jury ) quel est son meilleur souvenir de Cannes , il répond sans hésiter :

« Le souvenir que je chéris le plus , c’est celui du prix d’interprétation féminine collectif qui a été donné à toutes les actrices de  « Volver » en 2006, parce que ça reste assez rare  qu’un prix collectif soit donné dans un grand Festival comme Cannes.  Il y avait bien sur les actrices très  connues et  habituées de ce type d’évènements comme Penelope Cruz ou Carmen Maura, mais il y avait aussi d’autres actrices  comme Chus Lampreave  ( et aussi Lola Dueñas, Blanca Portillo, et Yohana Cobo – NDLR)  pour qui c’était totalement inattendu . J’étais extrêmement touché. Je pense que c’est  ma plus grande émotion à Cannes »

Source : Interview de Pedro Almodovar sur le site festival-cannes.com

Nous avons vu « Les fantômes d’Ismaël »

À la veille du tournage de son nouveau film, la vie d’un cinéaste est chamboulée par la réapparition d’un amour disparu… Tiraillé entre la femme d’autrefois et son épouse Sylvia, Ismaël entraîne ceux qu’il aime dans son passé qui revient le hanter.

Film français de Arnaud Desplechin, sorti en France le 17 mai 2017, avec Mathieu Amalric, Marion Cotillard, Charlotte Gainsbourg et Louis Garrel.

Projetée en film d’ouverture du dernier Festival de Cannes, la dernière production de Arnaud Desplechin se situe entre mélodrame, récit d’espionnage et nostalgie de jeunesse.
Plusieurs lectures sont possibles, elles s’emboitent habilement au détriment d’une narration classique et on se laisse porter dans ses dédales pleins de douceurs, d’ironie et de tendresse.
Cette chorégraphie est portée par des acteurs très en forme, avec une mention particulière pour Marion Cotillard et Charlotte Gainsbourg absolument magnifiques dans leurs intimités respectives, des dialogues pleins de charme et de sens et un montage particulièrement virtuose.

Loin d’un nombrilisme parisien souvent décrié, on est en présence d’un cinéma universel et précis qui mélange les temporalités, les références culturelles et une rare maitrise de mise en scène. Ne boudons pas ce plaisir !

Une histoire riche pour un kaléidoscope d’émotions intenses. Une réussite !

Source : www.cinecritik.com