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Mireille Darc #Cannes 1966

Mireille Darc est décédée lundi 28 août à l’âge de 79 ans

C’est Georges Lautner qui fait d’elle une star. Le réalisateur la prend sous son aile et la fera tourner plus de 13 fois dans ses longs-métrages. Elle y donnera notamment la réplique à Lino Ventura, Bernard Blier ou encore Francis Blanche , en 1964,  dans «Les Barbouzes», où elle se glisse dans la peau d’Amaranthe et s’inquiète pour Francis Lagneau, joué par Lino Ventura. Celui-ci lui lancera cette phrase culte écrite par Michel Audiard : «Vous allez me prendre pour un brutal !»

(Sur la photo : Mireille Darc et Michel Audiard mangent leur gâteau d’anniversaire qu’ils ont fêté le même jour lors du 19ème Festival de Cannes en mai 1966 )

Mais c’est la robe échancrée du grand blond avec une chaussure noire qui en fera  l’un des sex-symbols des années 70.

Le monde du cinéma et de la culture est triste et lui rend hommage :

Philippe Labro, journaliste et réalisateur : « Mireille Darc, c’est les années 1960 ! (…) À l’époque Mireille Darc était déjà une superstar, très populaire, ce qu’elle est restée par la suite (…) Elle était très aimée du couple Lautner et Audiard qui l’ont fait monter en grade. C’était le dernier garçon de la bande ! » (sur Europe 1)

Françoise Nyssen, ministre de la Culture française : « Une grande figure du cinéma français nous quitte. Mireille Darc était une actrice de talent, une femme de courage et d’engagement » (sur Twitter)

Gilles Jacob, ancien président du Festival de Cannes : « Longue/mince/belle/frangée de blond/l’œil rieur elle a incarné la liberté de la femme dans toute sa splendeur. Le chic français. Chère Mireille ! » (sur Twitter)

Pierre Richard, comédien et partenaire de Mireille Darc dans le film culte Le grand blond avec une chaussure noire, en 1972 : « Plus je suis triste, moins j’ai envie de parler… et là, je suis abattu par la disparition de Mireille… » (sur Twitter)

Claude Rich fait le déplacement jusqu’au paradis

Le comédien Claude Rich est mort jeudi 20 Juillet 2017 à l’âge de 88 ans. Élégance, voix de velours et regard malicieux, l’acteur a vécu mille et une vies en soixante ans de carrière, des Tontons flingueurs à Panoramix au cinéma en passant par quelques grands personnages historiques au théâtre.

Il lui a fallu pourtant attendre très longtemps avant de pouvoir fouler le célèbre tapis rouge de Cannes, alors qu’il aurait dû le faire dès 1968.

En effet , cette année-là, Claude Rich est à l’affiche de Je t’aime, je t’aime, le film d’Alain Resnais, le réalisateur d’Hiroshima mon Amour. Le film est sélectionné à Cannes, où il plaît beaucoup. Dans les coulisses, il se murmure même que le film pourrait avoir la Palme d’or.

Malheureusement pour Claude Rich, Alain Resnais et Je t’aime, je t’aime, le festival est annulé sous l’impulsion de Jean-Luc Godard par solidarité avec les étudiants et les ouvriers. Et Alain Resnais, comme d’autres cinéastes sélectionnés, décide de retirer  son film de la compétition.

Ce n’est qu’en 1992 que Claude Rich pourra fouler le tapis rouge aux côtés d’Alain Resnais pour voir le film enfin projeté à Cannes.

«Mon plus beau souvenir de ce métier, c’est ce rôle, racontait Claude Rich à Libération en 2003. Je suis encore possédé par le personnage de Claude Ridder. […] Je me trouvais très fade à côté de ce personnage. Je n’avais aucune confiance en moi, je ne savais pas qui j’étais vraiment».

Il évoquait notamment ce beau souvenir du tournage de la dernière scène du film : «À côté de moi, l’habilleuse demandait à la maquilleuse: “Qu’est-ce que tu t’es fait pour déjeuner?” L’autre répondait: “J’ai essayé une recette de veau marengo”. Je n’arrivais pas à me concentrer. Puis j’ai entendu la voix d’Alain : “Claude, ça me va. Voulez-vous en faire encore une?” Et, tout d’un coup, m’a saisi la rage contre le veau marengo, ma tristesse de finir ce film. On a refait une prise et une larme m’a rempli un œil, et a coulé. C’est la prise qui a été retenue. C’est ça le cinéma, c’est un moment.»