1960 : L’Avventura d’Antonioni

Cette année-là, Michelangelo Antonioni présente L’Avventura : Anna, la fille unique d’un homme riche et influent, est fiancée à Sandro, un architecte aisé ; elle l’aime, il est prévu qu’ils se marient prochainement mais… Anna semble préoccupée.

Suite à sa disparition sur une île, Sandro part à sa recherche, aidé de Claudia, dont il finira par s’éprendre…

Une partie du public est déconcertée par les longs plans-séquences qui annoncent le style d’Antonioni. L’absence d’éclaircissements sur la disparition d’Anna est également mal accepté par une partie des spectateurs.

A la fin de la projection, les mots fusent entre spectateurs conquis ou hostiles au récit déconstruit du réalisateur italien. L’équipe est copieusement sifflée et reçoit même des tomates. Le réalisateur et son actrice Monica Vitti sortent de la salle en larmes.

Des dizaines de professionnels du cinéma, de Roberto Rossellini à Maurice Ronet signent un manifeste pour exprimer leur soutien au réalisateur italien.

Le jury cannois, présidé par Georges Simenon lui décernera un prix « pour sa contribution remarquable à la recherche d’un nouveau langage cinématographique ».

1956 : Nuit et brouillard d’Alain Resnais.

Le Festival et les pressions politiques !

Alors que Nuit et Brouillard, le documentaire d’Alain Resnais sur les camps de concentration devait être présenté en sélection officielle, le film est tout d’abord censuré par la Commission de contrôle puis retiré de la compétition sur pression de la délégation allemande.

Le gouvernement français qui depuis 1954 entreprend un travail de réconciliation avec les Allemands cède et obtient le retrait de projection. Toutefois, le film sera projeté en marge du Festival.

En 1959, un autre film d’Alain Resnais, Hiroshima mon amour, sera retiré de la sélection à la demande cette fois des Américains.

1954 : Robert Mitchum et Simona Sylva

En 1954 lors du traditionnel pique-nique sur l’île de Lerins, Simona Sylva, une starlette anglaise de 20 ans, qui vient d’être élue « Miss Festival », un concours de beauté sur la Croisette, réussit à se glisser sur le bateau, et à se faire remarquer par les photographes.

Elle porte un short vert tendre et un bustier rose translucide. En un clin d’œil elle enlève le haut pour se retrouver seins nus aux côtés d’un Mitchum éberlué. « Qu’est-ce que je pouvais faire ? » dira ensuite le comédien amusé.

Sa réaction d’instinct – cacher de ses mains l’opulente poitrine de la starlette – donne l’impression qu’il cherche à « caresser les seins» de la jeune femme. Les photographes immortalisent le non-évènement. L’affaire fait grand bruit. La star et la starlette ne se doutent pas que les ligues puritaines anglo-saxonnes vont s’emparer de la photo, mettre le couple de l’acteur en péril et broyer la nymphette. Simona Sylva est invitée par le chef de sa délégation à faire ses valises et à quitter Cannes.

Grâce à cette publicité, la jeune anglaise est cependant engagée par une maison de production américaine. Contrat qui lui sert d’échappatoire, car la campagne de presse à son encontre est si virulente qu’elle n’ose plus retourner dans son pays.

En novembre 1957, à 29 ans Simona Sylva met fin à ses jours dans une chambre de Londres.